CHAPITRE VIII

 

Je n’arrive pas à décrire ce que j’ai ressenti quand derrière son synthé il a lancé le début de Shine on you crazy diamond.

 

De la même manière, je ne peux pas expliquer pourquoi mes doigts ont suivi. Je ne sais pas mais je devais le faire.

 

Quand il me sourit, mon cœur fond et je ne peux m’empêcher de lui renvoyer un sourire plein… d’amour ? de gratitude ? Pour la première fois, j’ai l’impression que je sais qu’il me plait vraiment, que c’est au-delà d’une attirance physique fortuite.

 

Cet instant comble en quelques secondes la distance que je me suis efforcé de mettre entre nous ces derniers jours. Je me sens aspiré dans son intimité pour la première fois. Nous passons nos journées à jouer ensemble mais nous n’avons jamais été aussi proches. Force est de reconnaître que la chanson est sensuelle en un sens. Alors, je m’accroche à ce moment comme une libellule s’accroche au brin d’herbe. J’ai l’impression que l’immeuble pourrait s’écrouler que je continuerais à jouer et à le regarder.

 

Quand le morceau se termine, je voudrais trouver les mots justes pour lui exprimer ce que je ressens mais tous semblent pâles à côté de mon émotion alors je laisse un silence, non plus emprunté, mais chaleureux. Je voudrais cet instant éternel mais la porte s’ouvre brusquement, faisant éclater la bulle dans laquelle nous étions.

 

« Une séance photo à Kobe pour le Hanami ! Quelle est cette excentricité ? s’exclame Sakano.

 

- Tu remets en doute les ordres du boss ? demande K.

 

- Non, non, non ! Mais nous allons perdre une journée et demie de travail !

 

- Ah ! C’est bien que vous soyez là, Shindo ne devrait pas tarder », dit K.

 

Shuichi arrive sur ses paroles et notre manager reprend :

 

« Nous partons demain pour Kobe pour une séance photo dans le quartier européen et le port. Nous ciblons the world !

 

- Nous allons être exportés en Europe ? demande Fujisaki.

 

- On va aller à Babylone en Espagne ? s’exclame Shuichi. Là où on joue des mistinguettes ?

 

- Barcelone et ce sont des castagnettes… crétin, murmure Fujisaki.

 

- Du calme, kids ! C’est juste un shooting. Travaillez et on verra. »

 

Malin, le Seguchi. Départ demain comme ça nous y passons le week-end et non la semaine. Sakano aussi s’est rendu compte que nous ne perdrions aucun jour de répétition dans l’histoire et ses pupilles se rétrécissent sensiblement de soulagement.

 

« Soyez ici à 5 heures. La route est longue.

 

- 5 heures ?! Mais comment je vais faire ?

 

- Achetez-vous un réveil, suggère Fujisaki.

 

- Je passerai te prendre, Shuichi. »

 

Et alors que nous réglons les derniers détails pratiques, K nous rappelle à l’ordre et nous nous remettons au travail.

 

L’après-midi passe ainsi sans que j’aie le temps de m’isoler avec Fujisaki. J’attends donc fébrilement la fin des répèt’ pour lui proposer un verre :

 

« Mais pas trop longtemps parce que du coup je vais devoir déposer Ikkyoku chez Sakura ce soir. »

 

Je ne sais franchement pas pourquoi il a fait ça à midi mais je m’en fiche et ne pense même pas à le lui demander.

 

« Merci pour… pour midi », dis-je presque timidement.

 

Il me répond par un sourire tout aussi timide. Visiblement, ça le gêne d’en parler mais en même temps, nous n’avons pas besoin de mots pour exprimer ce que nous ressentons. Étrange, non ?

 

La serveuse dépose nos commandes – café noir pour moi et chocolat viennois pour lui – et nous redevenons normaux ou presque.

 

« Je peux te demander quelque chose de délicat ? »

 

Il me regarde, la bouche pleine de crème.

 

« Je sais que ça ne se fait pas mais… je rêve de ta chantilly. M’autorises-tu à en prendre une cuillerée ?

 

- Oui, bien sûr ! » répond-il en me tendant sa tasse.

 

Avec un petit gémissement de plaisir je laisse la chantilly fondre sur ma langue. Je n’aime pas trop le sucré mais ça, ça n’est pas pareil.

 

Nous discutons encore un peu puis je m’excuse car je dois rentrer chez moi pour ne pas amener ma chatte trop tard chez mon amie.

 

« Je peux quand même te déposer, si tu veux. »

 

Ainsi, je le ramène chez lui et, après un signe de la main, je m’en vais.

 

Je suis content de l’avoir retrouvé. Je voudrais lui dire qu’il m’a manqué, que ça a été difficile de l’ignorer, que j’étais jaloux aussi mais je passerais pour quoi ? Un obsédé possessif ?

 

Chez moi, j’appelle Sakura pour voir si elle peut s’occuper de mon chat et je prépare ses affaires.

 

Sur le chemin du retour – comme j’avais la caisse du chat, j’ai pris le métro – le métro s’arrête en pleine voie, juste avant ma station. Nous restons bloqués pendant plus d’une heure.

 

Et oui, les galères sont de retour.

 

En y repensant, depuis ce verre avec Garai et Fujisaki, il ne m’est rien arrivé. Je sors du centre commercial, pense qu’on m’a volé ma moto puis je me rappelle où je l’ai vraiment garée ; je laisse des partitions sur la table, Ikkyoku fidèle à son habitude renverse ma tasse de thé à côté, les partitions sont épargnées, ou encore cette fois où une voiture manque de me renverser mais rien n’arrive car je me suis baissé pour ramasser mon briquet et vois en me relevant la voiture débouler.

 

Et là, à peine nous réconcilions-nous que le métro – que je prends très rarement – tombe en panne.

 

Je crois que je suis presque content, c’est un signe que tout va bien entre nous.

 

- - -

 

Nous arrivons à Kobe en début d’après-midi. Le temps est resplendissant dans la ville portuaire. Affamés, nous nous ruons prendre du bœuf Wagyu.

 

Si nous posons dans le quartier européen, on nous fait porter des vêtements traditionnels.

 

Nous sommes déjà venus à Kobe et fidèle à mes excursions nocturnes, je prépare mentalement mon itinéraire de la soirée. Seulement cette fois, je me dis que Fujisaki peut m’accompagner. Après tout, la séance n’est pas fatigante et nous dormirons au pire dans le mini-van demain.

 

Quand j’ose enfin lui demander, son téléphone sonne.

 

J’attends un peu puis il éloigne son téléphone et me demande si ce que j’ai à lui dire est important car sa conversation risque de durer. Je hausse les épaules et souris :

 

« Ça attendra demain, bonne soirée ! »

 

Nous nous séparons donc tous les trois – Shuichi m’accompagne un moment mais l’appel de Yuki le ramène à l’hôtel.

 

Je ne rentre pas trop tard – shooting aux aurores sur le port cette fois – mais la chambre est plongée dans l’obscurité. Un léger ronflement m’indique que Shuichi dort et le MP3 de Fujisaki ronronne.  Silencieusement, je vais dans la salle de bains.

 

Quand je repose ma brosse à dents, je vois le savon de Fujisaki. Ainsi, il s’est douché ce soir et a oublié de le ranger. Si Shuichi éparpille ses affaires, Fujisaki, lui, range tout dès qu’il s’en est servi. Ce savon abandonné est-il un appel ? Tremblant, je prends le savon en en respire le parfum. Je me rappelle avec délice sa douche volée et me surprends à vouloir être ce savon pour glisser sur sa peau nue.

 

Je secoue la tête.

 

Je suis un vrai pervers ma parole !

 

Je me change pour la nuit et ressors de la pièce. J’hésite à atteindre l’appareil qui semble fredonner…

 

N’y croyant pas trop, je me rapproche, jusqu’à m’agenouiller à son chevet.

 

« We’re just two lost souls swimming in a fishbowl year after year… »

 

Je suis relativement maître de moi mais le savon a déjà usé ma patience alors quand je le vois paisiblement endormi en train d’écouter Wish you were here je ne peux pas résister.

 

Je ne peux plus.

 

Je me penche vers lui et l’embrasse doucement, pour ne pas le réveiller.

 

« Bonne nuit », murmuré-je.

 

Un peu fébrile, je me glisse dans mon lit.

 

J’entends faiblement son MP3 tourner mais je n’ai pas la force de me lever.

 

OoOoOoOoOoO

 

Est-ce un rêve ? Très certainement car pourquoi, sinon… monsieur Nakano m’aurait-il embrassé ?

 

Comme souvent lorsque nous sommes en déplacement, je suis contraint d’écouter de la musique afin de m’isoler des roucoulades de monsieur Shindo. Je ne sais pas comment il fait mais il peut tenir des heures à parler de rien – rien d’intéressant, du moins. Alors, je mets mes écouteurs dans mes oreilles et, la plupart du temps, je m’endors avant qu’il ait raccroché.

 

C’est vraisemblablement ce qu’il s’est passé ce soir. Monsieur Nakano était sorti faire un tour au clair de lune, il semble aimer la nuit vu qu’il est coutumier de ces escapades nocturnes chaque fois que nous sommes en tournée ou autre. Je dormais, mais dans mon sommeil je l’ai entendu qui s’affairait dans la salle de bains. Ensuite… ensuite je n’ai plus rien entendu en dehors de la chanson qui passait à cet instant dans mes oreilles. J’aurais pu éteindre le lecteur mais j’étais si bien que faire le moindre geste m’apparaissait comme un effort surhumain.

 

Et soudain, j’ai senti ses lèvres contre les miennes.

 

J’ai senti son souffle léger sur ma peau, le parfum ténu de son eau de toilette, une mèche de ses cheveux effleurer ma joue… pétrifié, incapable de bouger, incapable de penser. Puis je l’ai senti plutôt qu’entendu s’éloigner et il s’est couché lui aussi.

 

À présent le sommeil me fuit et maintenant que j’ai arrêté mon lecteur je peux l’entendre qui se tourne et se retourne dans son lit. Je ne fais pas un geste. Je n’ai pas rêvé ; il m’a bien embrassé. Pourquoi a-t-il fait cela ? Pourquoi dans mon sommeil ? Une idée fait jour dans mon esprit – et si ce n’était pas la première fois ? Je nage en plein trouble, d’autant que si une partie de moi crie à l’outrage – de quel droit a-t-il fait cela ? Jamais personne ne m’avait encore embrassé ! – une autre ne peut s’empêcher de trouver que ce baiser n’était pas désagréable et que… j’apprécierais grandement d’en recevoir d’autres. Beaucoup d’autres, même. Mais que m’arrive-t-il ?

 

Lorsque le réveil sonne – immédiatement suivi par l’irruption de monsieur K dans la chambre, déjà habillé et prêt à se mettre au travail – j’ai l’impression de ne pas avoir réussi à fermer l’œil de la nuit. Monsieur Nakano n’a pas l’air beaucoup plus frais et je ne peux pas m’empêcher de me demander si c’est à cause du baiser de cette nuit. Rien dans son attitude, cependant, ne laisse supposer que c’est le cas et c’est dans la même routine que d’habitude que, après toilette et petit déjeuner rapides, nous nous rendons au port.

 

K nous explique en chemin que cette fois les photos vont se faire à bord d’un yacht, et que nous allons porter des vêtements modernes.

 

« Terminé le folklore, conclut-il en se rabattant devant un pick-up sans tenir compte le moins du monde des protestations indignées de son conducteur. Bad Luck est un groupe d’aujourd’hui, prêt à conquérir le monde ! Alors donnez-vous à fond pour cette séance ! »

 

Je ne vois pas très bien de quelle manière on peut se « donner à fond » en posant pour des photos, mais après tout peu m’importe. J’ai toujours à l’esprit le souvenir de lèvres chaudes brièvement posées sur les miennes, et ceci suffit à monopoliser l’intégralité de mes pensées !

 

Il est encore tôt lorsque nous arrivons au port. Monsieur K arrête le van devant un superbe yacht à un étage, à la coque immaculée.

 

« Voici le Sunbeam. Ce bateau appartient à une société spécialisée dans la plongée sous-marine mais ce n’est pas pour que vous barbotiez que Seguchi l’a loué ! L’équipe technique est déjà là, dépêchez-vous d’embarquer. »

 

En effet, des techniciens s’affairent à charger du matériel sur le yacht, sur lequel une garde-robe, un coiffeur et une maquilleuse nous attendent également. L’air est vif à cette heure, bien que le ciel soit dégagé, promesse d’une journée radieuse. Tout est encore calme dans le port de plaisance au-dessus duquel des mouettes tournent en poussant des cris aigus. Nous descendons de voiture tandis que notre manager s’éloigne pour aller se garer un peu plus loin.

 

Il m’est déjà arrivé de prendre le bateau mais jamais un modèle aussi luxueux, encore que je n’y connaisse pas grand-chose. Monsieur Sakano échange quelques mots avec un technicien puis nous précède sur la passerelle d’embarquement, un rail métallique singulièrement étroit. Je m’y engage à mon tour, après mes deux collègues, quand tout à coup je sens quelque chose heurter brutalement mon épaule. Déséquilibré, je réalise avec horreur que je n’ai rien à quoi me retenir et je bascule la tête la première dans l’eau trouble du port.

 

Je ne suis pas un as en natation mais je me débrouille. J’émerge en toussant et crachant et un homme d’équipage a tôt fait de me lancer une corde – il paraît d’ailleurs que, sur un bateau, on ne parle pas de corde mais de bout – et me hisse sur le quai.

 

Je suis transi ; l’eau en cette saison n’est pas particulièrement chaude et me voilà en train de grelotter. J’entends le rire sonore de K, qu’il ne cherche même pas à retenir, contrairement aux techniciens, et monsieur Sakano s’empresse d’aller chercher une couverture dans laquelle je m’enveloppe. Remontant sur le bateau – et cette fois j’arrive à bon port – je croise le regard navré de monsieur Nakano. Pas de doute, la malédiction est de retour.

 

Bien entendu il s’agit d’un accident idiot, comme me l’explique l’assistant confus responsable de ma mésaventure, il s’est engagé sur la passerelle chargé de tout un tas de matériel, notamment des trépieds pour les projecteurs, et en se retournant pour parler à un de ses collègues à quai il m’a involontairement flanqué à l’eau.

 

Penser que j’ai avalé de ce bouillon de culture me soulève le cœur et je file m’enfermer dans la salle de bains pour prendre une bonne douche bien chaude tandis que monsieur Sakano dépêche quelqu’un pour porter mes vêtements trempés dans une blanchisserie. En guise de rechange, je passe l’un des costumes prévus pour la séance de photos, des vêtements de marque, élégants et merveilleusement coupés, dans lesquels je me sentirais parfaitement à l’aise si seulement je portais des sous-vêtements. Malheureusement, il n’était pas inscrit dans le programme que quelqu’un allait tomber à l’eau… Je subis donc en silence tout le long que dure le shooting, sans rien laisser paraître de mon inconfort relatif et jamais nos fans ne sauront rien de ce qu’il s’est passé ce jour-là !

 

Les photos se font en pleine mer, à quelque distance de la côte, et lorsque nous revenons à quai un coursier nous attend, mes habits secs et repassés soigneusement emballés dans une housse. Enfin ! Réfrénant mon impatience, je retire le plastique protecteur et en sors ma chemise et mon pantalon, mes chaussettes et… Non. C’est une blague, n’est-ce pas ? Un complot fomenté par un groupe rival ?!

 

Un hurlement de rire me tire de la contemplation horrifiée du string imprimé léopard que j’ai entre les mains. Modèle homme, en plus ! Messieurs Shindo et K se tiennent les côtes, hilares, monsieur Nakano se retient de toutes ses forces afin de ne pas exploser et les épaules de monsieur Sakano tremblent. Je ne sais plus quoi dire. Que dire, d’ailleurs ? Je n’ai plus qu’une hâte, rentrer à l’hôtel, me changer et regagner Tokyo de toute urgence !

 

Nous déjeunons tôt au restaurant de notre hôtel  puis nous partons immédiatement après car une longue route nous attend. À peine assis dans le mini-van, monsieur Shindo s’endort comme une masse ; il faut dire que ce n’est pas vraiment quelqu’un du matin. Monsieur Nakano a pris place à mes côtés mais il parait un peu emprunté, comme s’il voulait me dire quelque chose sans parvenir à se décider à le faire. De mon côté, je ne pense qu’au baiser de cette nuit. Pourquoi ne dit-il rien alors qu’il a fait cela ? Est-ce à moi d’aborder le sujet alors qu’en théorie j’étais censé dormir et ne m’être rendu compte de rien ? Dois-je prendre le taureau par les cornes et réclamer des comptes – des excuses ?

 

« Tu… ça a vraiment été une galère cette séance de photos, déclare mon voisin avant que j’aie le temps de me décider.

 

- Ah, vous l’avez remarqué aussi, réponds-je, optant soudain pour un peu d’humour histoire d’alléger cette étrange tension entre nous.

 

- On dirait bien que… la malédiction recommence à s’acharner sur nous.

 

- Sur moi, vous voulez dire. Et elle n’y va pas de main morte.

 

- Oh, sur moi aussi, je te la garantis. Tu n’as pas remarqué quelque chose ? C’est lorsque nous sommes ensemble. Il se produit toujours des choses déplaisantes. 

 

- Le mieux serait que nous demeurions éloignés, alors, dis-je trop vite, mais je vois son sourire vaciller et je m’empresse d’ajouter : je plaisantais ! Enfin… j’aurais effectivement pu le souhaiter il y a deux mois de cela mais… ce n’est plus le cas. Au contraire, j’aimerais… enfin, si cela ne vous ennuie pas bien sûr… passer un peu plus de temps en votre compagnie parce que je vous apprécie vraiment beaucoup et depuis que nous avons interprété Shine on you crazy diamond j’ai le sentiment que… qu’on s’entend vraiment bien. »

 

J’aurais pu dire « Je vous aime », tout simplement mais… pas ici. Pas dans ce van, avec monsieur Shindo qui ronfle juste derrière nous et le radio-CD qui crachote de la pop US. S’il s’avère que monsieur Nakano a des sentiments pour moi – et après ce baiser dérobé, j’ai des raisons de le croire – je veux que cet instant soit privilégié, un moment rare et précieux dont je conserverai à jamais le souvenir dans mon cœur.

 

Est-ce vraiment moi l’auteur de cet élan de lyrisme dégoulinant de guimauve ?

 

Ma foi… L’amour a bien des pouvoirs, dirait-on.

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Hanami : fête de la floraison des pruniers et cerisiers, vers le 30 mars à Kobe.

Bœuf Wagyu : viande de bœuf de Kobe réputée pour son goût et sa tendresse.

Quartier européen : étant l’une des premières villes japonaises à s’être ouverte à l’occident, Kobé possède un quartier européen de style colonial appelé Kitano-cho. 

 

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