L'HONNEUR PERDU DE TATSUHA UESUGI

 

CHAPITRE I

 

Ryûichi Sakuma, star de la chanson mondialement célèbre, icône de la scène musicale japonaise et internationale, chanteur surdoué du groupe phare Nittle Grasper, s’ennuyait ferme, allongé sur son canapé.

 

Après une journée entière dans les studios de N-G Productions à travailler sur une nouvelle composition qui ne satisfaisait pleinement aucun des trois membres du groupe, Ryûichi était rentré directement chez lui, en taxi, son fidèle Kumagorô fourré dans la poche intérieure de son blouson.

 

Mais depuis son retour dans son grand et bel appartement, le chanteur s’ennuyait. Il aurait aimé aller faire un tour dans un des immenses centres commerciaux de Shinjuku, mais Tôma lui avait très fortement déconseillé de le faire, attendu qu’il ne savait pas rester discret et que, la dernière fois où il était parti faire les boutiques, il avait failli provoquer une émeute.

 

Il finit par éteindre la télévision, sur laquelle il zappait depuis près de vingt minutes sans avoir accordé la moindre importance à aucun des programmes, et posa Kumagorô sur ses genoux.

 

« Je m’ennuie, Kuma-chan, dit-il d’un ton traînant. En plus, en ce moment, Tôma est de mauvaise humeur parce que notre dernière chanson n’avance pas. Mais elle n’est pas bonne, et on aura beau essayer de l’améliorer, elle restera tout de même mauvaise. Je crois bien que Tôma et Noriko s’en sont aperçus aussi, alors je ne comprends vraiment pas pourquoi ils continuent à perdre leur temps dessus. »

 

Il soupira et se remonta contre l’accoudoir. Si seulement ils avaient eu une bonne chanson sur laquelle travailler ! Celle-ci n’était pas mauvaise en tant que telle, mais Ryûichi la jugeait indigne du répertoire des Grasper.

 

« Comment, Kuma-chan ? En écrire une nous-même ? »

 

La peluche parut opiner, ses deux longues oreilles roses oscillèrent légèrement en avant.

 

« Ah, tu as toujours d’excellentes idées ! » s’écria Ryûichi en soulevant sa peluche à bout de bras. Il sourit et ses yeux d’un bleu profond pétillèrent, illuminés soudain par une nuée d’étoiles.

 

« Je sais ce que je vais écrire. Et ma chanson sera bien meilleure que l’autre… Viens, Kuma-chan ! Il est temps de se mettre au travail ! »

 

Kumagorô sous le bras, Ryûichi se leva, se saisit de la première feuille qui lui tomba sous la main, d’un stylo, et se mit à écrire. 

 

OoOoOoOoOoO

 

Tôma soupira et, pour la douzième fois consécutive, réexamina les feuillets étalés devant lui. Ils en étaient à la troisième version de leur nouvelle chanson, dont le titre temporaire était « Moonlight mysteries », mais ils avaient beau faire le morceau ne parvenait pas à prendre corps. Il n’était pas raté, loin de là, mais… il y manquait ce quelque chose qui faisait les futurs hits.

 

La porte du studio dans lequel les Nittle Grasper avaient coutume de travailler s’ouvrit soudain à la volée, et un Ryûichi surexcité fit son apparition, brandissant Kumagorô d’un air victorieux.

 

« Bonjour Tôma ! J’ai une surprise pour toi, na no da ! »

 

Et avant que le directeur de N-G ait le temps de répondre quoi que ce soit, le chanteur tira une feuille pliée en quatre de sa poche et l’abattit sur la table à laquelle était assis son ami.

 

Tôma déplia la feuille et observa longuement ce qui paraissait être un portrait de Kumagorô, d’un beau rose vif.

 

« Hm… Il est très joli, Ryûichi, mais… 

 

- Mais non, pas ce côté ! L’autre ! »

 

Le claviériste retourna la feuille dont le verso était couvert de l’écriture si caractéristique de son camarade. Une chanson.

 

« Alors, alors ? Tu en penses quoi ? » questionna avidement Ryûichi qui sautillait presque d’impatience dans l’attente du verdict de Tôma. Celui-ci reposa la feuille et adressa un large sourire au jeune homme.

 

« On va tout casser avec cette chanson, Ryûichi. Félicitations, c’est vraiment de l’excellent travail. »

 

Ravi, le chanteur battit des mains comme un enfant.

 

« Je savais que ça allait te plaire. Kumagorô m’a dit la même chose, et tu sais qu’il ne se trompe pas souvent dans ce genre de cas. 

 

- Kumagorô est un petit lapin très clairvoyant, approuva Tôma en hochant la tête, et Ryûichi s’empourpra de plaisir et de fierté.

 

- Je me languis de me mettre au travail ! Mais… Nori-chan n’est pas encore là ? 

 

- Non, elle m’a appelé tout à l’heure et elle ne viendra peut-être pas de la journée. Saki a un peu de fièvre alors elle a préféré appeler le médecin… J’ai bien peur que nous ne puissions pas commencer à travailler tout de suite, Ryûichi, expliqua Tôma.

 

- Oh… ça ne fait rien, on travaillera demain ! s’exclama le chanteur. En attendant, je vais faire un petit coucou à Shûichi ! »

 

Il avait quitté la pièce avant même que son collègue ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour le retenir. 

 

OoOoOoOoOoO

Tatsuha hésitait devant la porte du bureau du directeur de N-G Productions, et accessoirement son beau-frère. Il avait déjà frappé à plusieurs reprises, mais personne n’avait répondu.

 Il baissa les yeux vers l’enveloppe en papier kraft que Mika lui avait remise la veille. Retenue plusieurs jours à Kyôto, elle avait chargé son cadet d’une mission importante : remettre sans faute ces papiers à son époux. Bien évidemment, Tatsuha avait accepté avec enthousiasme, voyant là une occasion de, peut-être, apercevoir son idole, Ryûichi Sakuma – même de loin.

 « Ce type n’a donc pas de secrétaire ? maugréa le garçon avec un peu d’irritation. Et si je glissai l’enveloppe sous la porte ? »

 Mais Tôma, étant le maniaque qu’il paraissait être, n’apprécierait sans doute pas de trouver des papiers manifestement importants jetés à-même le sol…

Je pourrai toujours les confier à Shûichi, qui les donnera à Eiri, qui… Non, Shindô oubliera certainement. Je sais ! Je vais les remettre à ce type à lunettes qui a toujours l’air à deux doigts de se balancer par une fenêtre ! Il est toujours à tourner autour de Seguchi, lui n’oubliera pas de les donner !

Satisfait de sa solution, le jeune moine redescendit à l’étage où se trouvait la salle de répétition de Bad Luck.

Bon, alors… Il est où, ce Studio 3 ? Il est immense, cet immeuble… Contournant l’angle d’un mur, il vit quelqu’un devant un distributeur, en train de choisir une quelconque friandise. 

Ah, je vais le lui demander… « Excusez-moi, je cherche le Studio 3, sauriez-vous m’indiquer où il se trouve ? »

La personne – un jeune homme – se retourna, et Tatsuha eut l’impression que son cœur allait cesser de battre.

Ryûichi Sakuma en personne se tenait devant lui. Encore plus beau et sexy que dans toutes les vidéos qu’il avait de lui, toutes les photos qu’il conservait dans des dizaines de classeurs… Encore plus beau que dans le souvenir de cette brève soirée dans un bar, où le chanteur des Nittle Grasper l’avait honoré d’un miracle beam.

« Mon… mon… monsieur… Sakuma… » s’entendit-il gargouiller. Celui-ci le regarda avec un peu d’étonnement, un air de perplexité si adorable peint sur son visage de chérubin que Tatsuha sentit ses genoux menacer de le trahir.

« Mais… On ne s’est pas déjà rencontré quelque part ? dit enfin Ryûichi. Tu es… Tatsumi, c’est ça ? Le frère de Mika ! »

Il se souvient de moi, ô Kamis, aidez-moi… Je peux mourir heureux, à présent…

« Heu… Oui, heu… Je… 

 - Tu te rappelles de Kuma-chan ? enchaîna Ryûichi en tirant de son blouson sa peluche qu’il brandit devant le visage de Tatsuha. Lui aussi est content de te revoir, Tatsumi ! »

Lui aussi… Il a dit lui aussi ; ça veut dire que… Oh, Kami, c’est trop beau… Mika, de retour à Kyôto je prierai pour que tu ais une vie longue et heureuse…

« Heu… Monsieur Sakuma… 

- Oui ? Ah, mais tu cherches le Studio 3, c’est ça ? Tu es passé voir Shûichi ? 

- Heu, non, en fait… ma sœur m’a chargée de remettre cette enveloppe à monsieur Seguchi, expliqua le garçon, désignant la grosse enveloppe en papier kraft qu’il portait sous le bras. Mais il n’est pas dans son bureau, alors je comptais la donner à quelqu’un d’autre pour qu’il la fasse passer. »

Ryûichi pouffa. 

« Tu ne risquais pas de le trouver dans son bureau, il travaille dans notre salle de répétition ! Tu sais, Tatsumi, je vais te confier un secret. Tu me promets que tu ne le répèteras à personne, hein ? »

Un secret ? Tatsuha dressa l’oreille. 

« Heu, promis, mais… Mon nom c’est Tatsuha, corrigea-t-il.

- Ah ? Bon, comme tu voudras. Alors, je te disais… Ryûichi se colla tout contre le garçon qui sentit ses jambes trembler et, approchant sa bouche de son oreille, le chanteur murmura : Je viens d’écrire une nouvelle chanson… et ce sera sans doute l’une des meilleures des Nittle Grasper. »

Je sens son souffle sur moi, sa chaleur brûle ma peau, la fragrance de son eau de toilette m’enivre… Ryûichi Sakuma me parle comme à son confident… Il y a des jours comme ça où… on se dit que la vie vaut vraiment la peine d’être vécue.

« Mais surtout, il ne faut pas que tu en parles, dit le chanteur d’un ton de conspirateur. Personne n’est au courant à part Tôma et moi, même Noriko ne le sait pas. 

- Ne vous ne faites pas, monsieur Sakuma… Vous pouvez compter sur moi, je serai muet comme une tombe, jura Tatsuha avec solennité. Et… quel est le titre de cette nouvelle chanson ?

- Pour l’instant, c’est « Moonlight mysteries », parce qu’on travaillait sur un compo du même titre, mais elle n’était vraiment pas terrible alors Kumagorô m’a dit d’en écrire une autre à la place… et j’ai bien fait de l’écouter parce que ce petit coquin a très souvent raison ! » déclara Ryûichi en envoyant une pichenette sur le nez rond et noir de la peluche qui, à la lumière du couloir, parut prendre un air fâché.

« Ah, tu ne vas pas me faire croire que je t’ai fait mal, Kuma-chan ! Là, je te fais un bisou », minauda le chanteur en déposant un petit baiser sur le nez du lapin, sous les yeux de Tatsuha qui aurait tout donné, en cet instant, pour être à la place de la peluche. Inconsciemment, il se frotta le bout du nez.

« Et, heu… Vous comptez la sortir quand, cette fameuse chanson ? demanda-t-il, l’air de rien, sachant qu’il serait sans doute parmi les premiers à aller l’acheter.

- Oh, pas tout de suite, je viens à peine de la montrer à Tôma, et elle doit encore se trouver dans le studio… En parlant de ça, tu n’avais pas quelque chose pour lui ? » 

Ils reprirent l’ascenseur, et quand la porte s’ouvrit à l’étage demandé ils trouvèrent Noriko qui attendait, l’air quelque peu contrarié. 

« Oh, Nori-chan ! Tu es venue, finalement ! s’écria Ryûichi en bondissant au cou de sa camarade. Comment va Saki ? »

 La jeune femme adressa un salut de la tête à Tatsuha, se dégagea gentiment de l’étreinte de l’exubérant chanteur et répondit : « Elle a une angine. Je ne peux pas rester, mais Ryû-chan, j’ai profité du fait que je devais sortir acheter ses médicaments pour passer donner à Tôma un CD avec mes derniers arrangements sur « Moonlight mysteries », mais… il n’était pas là. 

- Hein ? Tôma n’était pas dans le studio ? 

- Non, ça m’a étonné d’ailleurs… Il est peut-être remonté dans son bureau ? 

- Il n’y était pas il y a dix minutes, intervint Tatsuha. Moi aussi j’avais quelque chose à lui remettre… On s’est peut-être croisés. »

Noriko consulta sa montre.

« Écoute, Ryû-chan, je dois y aller, c’est une voisine qui garde Saki et je lui ai dit que je n’en avais pas pour longtemps. Tôma ne va certainement pas tarder à revenir, j’ai déposé le CD sur la table, il est dans une pochette en carton avec écrit MM – 03 dessus, tu le lui donneras de ma part, hein ?

- Oui, oui, ne t’en fais pas Noriko…  

- Merci, Ryû-chan. À très bientôt j’espère. Et n’oublie pas de donner le CD ! »

Sur ces paroles, elle disparut dans l’ascenseur.

« Je ne sais pas où est allé Tôma, déclara Ryûichi, l’air songeur, mais si tu veux, tu n’as qu’à me donner ton enveloppe, je la lui remettrai quand il reviendra. 

- Ah ? C’est… c’est très gentil à vous de me le proposer, monsieur Sakuma. »

À vrai dire, Tatsuha préférait encore ne pas entrer en contact direct avec son beau-frère. Celui-ci l’avait toujours intimidé quand il était enfant, même s’il s’était toujours montré amical avec le jeune garçon. Néanmoins… néanmoins, il préférait ne pas avoir à s’y frotter si nécessaire. Il savait parfaitement que Tôma ne voyait pas d’un très bon œil l’obsession que le jeune moine nourrissait pour le chanteur des Nittle Grasper.

« Bon, Tat-chan, je dois passer voir Shûichi avant de retourner travailler… »

Le garçon comprit le message et tendit l’enveloppe au chanteur qui le gratifia d’un large sourire. 

« Ne t’en fais pas, je n’oublierai pas de la donner à Tôma. Et si j’oubliais, Kumagorô m’y ferait penser ! Allez, à bientôt, j’espère ! »

Il pressa à son tour le bouton de l’ascenseur et y entra avec un dernier petit signe de la main.

Bon… Il faudrait peut-être que j’en fasse autant… songea Tatsuha qui laissa échapper un énorme soupir béat en repensant à la manière dont son idole s’était collée à lui pour lui faire partager son secret.

En parlant de cela… Ryûichi lui avait dit que la nouvelle chanson se trouvait dans le studio qui, aux dires de Noriko, était inoccupé. Et si…

Je pourrais y jeter un coup d’œil en vitesse… juste pour voir de quoi elle parle… De toutes manières, je ne suis pas assez fou pour aller crier les paroles en pleine rue…

S’assurant une ultime fois que le couloir était désert, Tatsuha ouvrit vivement la porte du studio et se glissa à l’intérieur.

La pièce n’était pas très grande mais énormément en désordre, et le garçon comprit le soin qu’avait mis Noriko à décrire son CD. Celui-ci se trouvait toutefois bien en évidence sur la table, encombrée d’autre part de feuillets, de partitions, de CD… 

Je me demande comment Seguchi arrive à supporter cette pagaille… D’un autre côté, mon Ryûichi ne doit pas être maniaque… Bon, où elle peut bien être, cette chanson ? 

Malheureusement, Ryûichi ne lui avait pas précisé à quel endroit exact il avait placé son texte, que Tôma avait d’ailleurs peut-être emporté avec lui. Quelque peu déçu, mais fort peu désireux de se faire pincer en un lieu où il n’avait rien à faire, Tatsuha repassa dans le couloir et se hâta de disparaître dans l’escalier le plus proche. 

Alors que Tôma s’en retournait d’une brève visite à la régie, où on l’avait fait appeler pour une histoire en fin de compte peu urgente, il aperçut quelqu’un quitter en toute hâte le couloir et filer vers l’escalier.

Tiens ? Mais on aurait dit… Tatsuha ?

Le claviériste secoua la tête. Pour quelle raison son  beau-frère se serait-il trouvé dans les locaux de N-G ? Pourtant, la personne qu’il avait vue s’éloigner – s’enfuir ? – ressemblait à s’y méprendre au jeune moine.

Tôma secoua la tête avec un petit sourire – décidément, avec cette histoire de chanson, il avait les nerfs en pelote. Heureusement, grâce à la nouvelle mouture apportée par Ryûichi, ils allaient pouvoir repartir sur de bonnes bases… N’eût été le fâcheux contretemps de Noriko, la journée s’annonçait bonne.

Il entra dans le studio, espérant que Ryûichi ne s’éterniserait pas auprès de Bad Luck –après tout, eux aussi avaient besoin de travailler – et remarqua aussitôt le CD sur la table.

Hm, Noriko est tout de même passée… Mais cet arrangement ne sert plus à rien, maintenant que nous avons un tout nouveau texte. Dommages que nous nous soyons croisés…

C’est alors que Tôma s’aperçut que la chanson de Ryûichi, qu’il avait laissée sur la table juste avant de s’absenter, avait disparu. En un éclair, le souvenir de la personne qu’il avait vue s’éloigner dans le couloir lui revint en tête, et tout devint clair.

Il a volé le texte… 

OoOoOoOoOoO

Cela faisait trois fois que K déchargeait son magnum contre le mur de la salle de repos, signalant par là même qu’il souhaitait que la répétition reprenne, mais comme les fois précédentes, Ryûichi se contenta de sourire et, cette fois, adressa un clin d’œil au manager Américain.

« Tu devrais penser à vérifier le cran de sécurité de ton revolver, K, dit-il comme si de rien n’était. C’est bizarre que les coups partent tout seuls… tu vas finir par blesser quelqu’un. »

Shûichi le dévisagea avec stupéfaction, mais avant que quiconque ait le temps de dire quoi que ce soit, le téléphone de Sakano se mit à sonner.

« Allô ? Ah, monsieur le Directeur ! Oui, il est là… D’accord… Très bien, monsieur le Directeur ! Ce sera fait ! »

Le producteur replaça son mobile dans la poche de sa veste et se tourna vers Ryûichi.

« Monsieur le Directeur vous attend en salle de répétition, monsieur Sakuma, annonça-t-il. Il aimerait que vous le rejoigniez le plus rapidement possible. 

- Ah ? Bon, j’y vais, alors. Au revoir, travaillez bien ! »

Ryûichi parti, le calme s’abattit subitement sur la pièce, et l’on entendit distinctement Suguru soupirer de soulagement. K braqua aussitôt son arme sur le front du jeune chanteur.

« Et toi, tu ne pouvais pas lui dire de s’en aller ? Mais non, tous les prétextes sont bons pour couper à la répète, et après ne vient pas te plaindre que vos chansons ne se vendent pas !! » 

OoOoOoOoOoO 

Ryûichi était retourné au studio (en prenant le temps au passage pour s’arrêter au distributeur et s’acheter un paquet de pockys chocolat-caramel). Quand il entra dans la salle, il fut frappé par l’air grave qu’arborait Tôma.

« Excuse-moi, Tôma, mais je parlais avec Shûichi et je n’ai pas vu le temps passer… »

Son regard se posa sur le CD et il s’avisa qu’il avait oublié l’enveloppe de Mika au Studio 3.

« Oh ! Je n’y pensais plus, Nori-chan est passée t’apporter ça, et moi j’ai laissé là-bas une enveloppe que Tatsuha m’a remise pour toi de la part de Mika, je retourne la chercher tout de suite, et… 

- Tatsuha ? »

Ainsi je n’avais pas rêvé, c’est bien lui que j’ai vu dans le couloir… Mais alors…

« Ryûichi, Tatsuha est venu ici ? Dans le studio ?

- Non, je l’ai croisé dans le couloir en allant voir Shûichi. Il m’a dit qu’il venait de ton bureau et qu’il te cherchait pour te donner une enveloppe, alors comme je savais que tu étais ici je lui ai dit de venir avec moi, mais en sortant de l’ascenseur on a croisé Noriko qui nous a dit qu’elle ne t’avait pas trouvé, et comme Saki est malade, elle a une angine, elle est repartie… Alors j’ai dit à Tatsuha de me donner l’enveloppe, et que c’est moi qui te la donnerais… mais je l’ai oubliée là-bas, relata le chanteur tout d’une traite.

- Vous n’êtes pas rentrés dans cette pièce ? insista Tôma. Ryûichi… par hasard… tu n’as pas parlé de ta chanson à Tatsuha ? »

Ryûichi se gratta la tête, incapable de comprendre le pourquoi de cet interrogatoire.

« Bah si, je lui ai dit que j’avais juste écrit une super chanson… Mais il aime tellement notre musique, j’ai pensé que ça lui ferait plaisir ! »

Et comment que ça a dû lui faire plaisir… Ne restait plus à poser qu’une seule question, et l’énigme de la disparition du texte serait résolue.

« Ryûichi… Est-ce que tu as dit à Tatsuha que… ta chanson se trouvait dans cette pièce ? »

Le jeune homme se mordit la lèvre, ayant soudain la désagréable impression d’être un petit garçon surpris en train de voler des bonbons et grondé en conséquences. Il hocha la tête, Kumagorô fermement serré contre sa poitrine.

« Mais… oui… Mais Tôma… Pourquoi tu me demandes tout ça ? 

- Parce que… Ryûichi… Quelqu’un est entré ici et a volé ta chanson. Et ce quelqu’un… c’est certainement Tatsuha. »

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